Neurodiversité
TDAH et anxiété : comment les distinguer ?
L'anxiété est l'une des comorbidités les plus fréquentes du TDAH chez l'adulte. Les deux tableaux se ressemblent en surface : agitation, difficulté à se concentrer, tension permanente. Ils obéissent pourtant à des mécanismes différents, et les démêler change la manière d'accompagner.
Pourquoi les deux se ressemblent-ils ?
Un cerveau anxieux mobilise beaucoup de ressources à surveiller un danger anticipé, ce qui laisse peu de disponibilité pour la tâche en cours : l'attention en souffre, comme dans le TDAH. Inversement, vivre avec un TDAH non repéré expose à des échecs répétés qui nourrissent, avec le temps, une anxiété réactive.
Cette double lecture explique pourquoi il est parfois difficile de savoir ce qui vient en premier. L'évaluation clinique sert justement à démêler l'origine des difficultés.
Pourquoi la distinction est-elle importante ?
Parce qu'elle oriente l'accompagnement. Une anxiété qui domine appelle un travail spécifique, souvent par des thérapies comportementales et cognitives. Un TDAH sous-jacent appelle, lui, de la psychoéducation et des stratégies adaptées au fonctionnement attentionnel.
Dans bien des cas les deux coexistent, et l'accompagnement tient compte de l'un et de l'autre plutôt que de trancher artificiellement.
À retenir
- •L'anxiété est une comorbidité très fréquente du TDAH adulte.
- •Les deux donnent des symptômes proches, avec des mécanismes différents.
- •Le TDAH non repéré peut nourrir une anxiété réactive.
- •Démêler les deux oriente l'accompagnement proposé.
Sources
- HAS, TDAH de l'adulte, recommandations (2024)
- DSM-5-TR, APA (2022)